10 décembre 1973 – 10 décembre 2023, il y a 50ans, la diva de la musique togolaise a rendu son âme. Pour commémorer ses 50ans de décès, une messe de requiem sera célébrée ce dimanche 10 décembre 2023 à 15h00 en la paroisse Saint Antoine de Padoue de Hanoukopé à Lomé.

Petite histoire de la Diva Bella Bellow:

LA DIVA BELLA BELLOW

Le patrimoine musical togolais Bella Bellow est né le 1er janvier 1945 à Tsévié. C’est après son passage à d’Abidjan en Côte d’Ivoire que la carrière musicale de la belle Georgette Nafiatou Adjoavi Bellow débute réellement. De manifestations publiques, en rencontres officielles, Bella Bellow représente le Togo au Festival des Arts Nègres à Dakar en 1966, dépassant ainsi le cadre national. Sa carrière prend un tournant décisif en 1968 lorsque Gérard Akueson, premier éditeur phonographique africain la prend en charge. La qualité artistique de Bella Bellow réside dans la virtuosité de son verbe relayée par la recherche rythmique et mélodique de la musique. Il émane d’elle ce que personne ne parvient à décrire vraiment. La beauté d’une voix charismatique, mielleuse, suave, chaude et veloutée qui donne candeur, frisson, mélancolie mêlée de joie. Jamais, elle n’épaissit le trait, une allégresse et une énergie se dégagent de sa voix de rossignole, expression d’une capacité vocale surprenante.

Accompagnée de Manu Dibango au clavier, de Slim Pezin à la guitare et de Jeanot Mandengue à la basse, elle enregistre « Rockia », dans laquelle une musique aux accents « hindrixien » fait écho à sa voix à tonalité orientale. Le succès est immédiat. En choisissant de chanter dans les dialectes nationaux, elle accentue le caractère identitaire de sa création, emboîtant le pas à Myriam Makeba dont elle est une grande admiratrice. On y note des titres comme « Blewu », une prière dans la douleur digne d’un négro spiritual. « Denyigban » quant à lui est une ode à la mère patrie, le Togo. « Senye » est une interpellation du destin. Les titres « Lafoulou » et « Zelie » sont inspirés des chansons de réjouissance des jeunes filles au clair de lune. « Nyedzi » offre la plus sécurisante assurance à l’amour fidèle et sincère. Dans ses oratorios, elle parvient à mélanger tous les genres, passant des contes traditionnels aux drames psychologiques. Elle écrit et compose grâce à un mélange de chansons traditionnelles togolaises et de blues. Sur scène, armée de son chasse-mouches comme seul attribut, elle électrise les foules sur les scènes de Paris, d’Athènes, de Rio de Janeiro, des Antilles…

Avec elle, c’était aussi une époque, un « âge d’or » de l’histoire de la musique togolaise. Le choix de ses textes, son entrain, ses tenues où le pagne wax est mis à la mode, tout concourt à faire d’elle un héraut de cette courte période de gloire de la musique du Togo. Après sa mort, d’autres noms continuent par écrire brillamment chacun à sa manière la palpitante histoire de la musique togolaise.

Adama AYIKOUE
Gestionnaire de patrimoine culturel

Partager:

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *